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L’amour de Dieu et la repentance à la lumière des paraboles de la brebis perdue, de la drachme perdue et du fils prodigue — Pasteur David Jang (Olivet University)

Le pasteur David Jang (Olivet University) affirme, à propos de Luc 15 - la brebis perdue, la drachme perdue, le fils perdu - que ces trois scènes se déploient dans des espaces différents (les pâturages, l'intérieur de la maison, la sphère familiale), mais qu'elles portent un point commun plus essentiel encore que la différence des lieux. Ce point commun, c'est « un cœur prêt à se mettre en mouvement vers ce qui est perdu », et l'annonce paradoxale que le ciel se réjouit précisément quand ce cœur se met en marche. Le nœud que David Jang ne cesse de tenir à travers ce texte est finalement un seul et même axe: l'« amour de Dieu » n'est pas une formule sentimentale, mais une manière d'être - un Dieu qui ne supporte pas la perte - et la texture de cet amour coule à contre-courant de la logique de calcul humaine. Ainsi, Luc 15 n'est pas seulement un chapitre qui appelle à la repentance; il montre d'abord Dieu qui laisse « la maison ouverte », rendant la repentance possible en gardant ouverte la route du retour.

L'atmosphère qui ouvre ce chapitre est limpide. Des publicains et des pécheurs s'approchent pour écouter, tandis que les pharisiens et les scribes murmurent, mécontents. « Pourquoi accueille-t-il des pécheurs et mange-t-il avec eux? » Cette question ressemble extérieurement à une objection au nom de la piété; mais, plus profondément, elle révèle l'instinct humain qui trouve étrange l'ordre de l'amour. C'est justement là que David Jang propose de prendre l'« étrangeté » comme critère de diagnostic spirituel. Si le monde de Luc 15 nous paraît à nous aussi déroutant, ce n'est pas parce que le texte est "bizarre", mais parce que nous avons peut-être glissé hors de l'orbite de l'amour. Depuis la chute, l'être humain penche vers ce qui est « grand, nombreux, visible », et risque de mépriser ce qui semble plus léger: une seule personne, une seule âme, une seule larme, un seul changement de direction. Or, le Dieu de Luc 15 ne traite pas la minorité comme une statistique sous prétexte que la majorité est en sécurité. Il ne se contente pas de considérer « les 99 sans problème » comme allant de soi; il sort, au contraire, pour « l'un qui est perdu ». Sur ce chemin, l'amour de Dieu n'est pas tant une leçon de morale qu'un nouvel ordre qui renverse le monde humain.

Dans la première parabole, le berger laisse quatre-vingt-dix-neuf brebis au désert et part chercher celle qui est perdue, « jusqu'à ce qu'il la trouve ». Le mot décisif ici n'est pas "efficacité", mais "jusqu'au bout". Comme le souligne David Jang, cette parabole expose la distance entre la perspective de Dieu et la nôtre. Nous cherchons la sécurité dans les chiffres, nous prouvons la réussite par la majorité, nous classons le bien et le mal par des bilans de pertes et de profits. Mais dans la parabole, le berger se meut non par le langage du calcul, mais par le langage de l'amour. Ce langage atteint son sommet dans l'affirmation que « la repentance d'une seule personne réjouit davantage le ciel ». La joie du ciel n'est pas déterminée par l'ampleur, mais par la restauration. Car l'amour est cette force qui remet quelqu'un « à sa place d'origine ». C'est pourquoi, à cet endroit, David Jang lit la joie et l'amour comme les deux faces d'une même pièce: quand l'amour se met en mouvement, la joie jaillit; et la joie, à son tour, élargit l'amour. Cette circulation devient la langue du ciel.

La deuxième parabole, celle de la drachme perdue, est plus quotidienne - et plus frontalement « irrationnelle ». Une femme perd une pièce sur dix; elle allume une lampe, balaie la maison et cherche avec soin « jusqu'à ce qu'elle la trouve ». La drachme n'était pas une menue monnaie insignifiante: les descriptions bibliques et celles de l'économie antique mentionnent souvent la drachme comme l'équivalent d'un salaire journalier d'ouvrier, et Luc place la scène de façon à ce que le lecteur sente que la perte n'est pas anodine pour un foyer modeste. Pourtant, le point que Jésus rend délibérément plus surprenant, c'est la manière dont la joie s'exprime: une fois la pièce retrouvée, la femme appelle ses amies et ses voisines et leur dit de se réjouir avec elle. Faire une fête pour une seule pièce - aux yeux modernes, cela semble exagéré, presque du gaspillage. David Jang affirme que c'est précisément cette « exagération » qui constitue la grammaire de l'évangile. L'évangile n'entre pas docilement dans la rationalité humaine. L'amplitude de l'amour de Dieu traverse nos calculs, et la joie du recouvrement explose comme si elle remboursait d'un coup le temps de la perte. Cette joie est un dispositif qui fait éprouver, par image, la grandeur du cœur de Dieu envers le pécheur.

La troisième parabole, celle du fils prodigue, conduit le cœur des deux premières encore plus profondément. Ici, la perte n'est pas seulement un égarement sur un chemin ou une pièce qui glisse des doigts; c'est une rupture de relation, un effondrement de l'existence. Le fils cadet réclame l'héritage, part au loin, gaspille, tombe dans la misère et descend jusqu'à garder les porcs. Mais le point que David Jang tient avec insistance est celui-ci: « la repentance du prodigue ne commence pas dans la peur d'être condamné, mais dans la possibilité du retour ». Il peut se retourner parce qu'il a un lieu où revenir. La repentance est, dans son essence, un « changement de direction »; dans le Nouveau Testament, la notion de repentance, souvent associée à la métanoïa (metanoia), est discutée comme un retournement du cœur et de la pensée, une correction de l'orientation de la vie. Autrement dit, la repentance dépasse le simple regret ou l'autoculpabilisation: elle devient une décision possible parce qu'on croit qu'il existe un Père vers qui revenir.

La phrase la plus décisive est: « alors qu'il était encore loin ». Le fils est encore à distance, mais le père l'a déjà aperçu, il est déjà ému de compassion, il court déjà à sa rencontre. Cette scène condense la théologie de Luc 15. Dieu n'est pas décrit comme celui qui ne bouge qu'après que le pécheur a franchi le seuil; il est dépeint comme celui qui se met en mouvement dès que le pécheur montre un signe de retour. Ce mouvement ne vise pas à humilier l'orgueil humain, mais à mettre fin au désespoir humain. Avant même que la confession du fils n'arrive au bout de ses phrases, le père le revêt d'un habit, lui met un anneau, lui chausse des sandales. Cela montre plus qu'une simple "forme" de pardon; cela révèle la profondeur de l'accueil. Si le pardon efface la trace de la culpabilité, l'accueil restaure le statut relationnel. C'est ici que se situe ce que David Jang appelle « l'amour inconditionnel ». L'amour de Dieu n'est pas un marché qui pèse des conditions; c'est une détermination à ne pas laisser la perte avoir le dernier mot.

À ce moment, une œuvre picturale s'accorde de façon très naturelle avec le texte: le "Retour du fils prodigue" de Rembrandt (The Return of the Prodigal Son). Cette œuvre ne se contente pas d'illustrer le passage comme un dessin narratif; elle traduit la texture de l'amour en langage visuel. Rembrandt, en peignant le fils en haillons, à genoux, enfoui dans l'étreinte du père, fait ressortir moins « la misère de celui qui revient » que « la largesse de celui qui accueille ». Le tableau est conservé au Musée de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg et est généralement présenté comme une œuvre de la dernière période de Rembrandt. Ceux qui le méditent longuement évoquent souvent un détail commun: la nuance dans les deux mains du père. Une main semble plus ferme, l'autre plus douce, et beaucoup y lisent l'ambivalence d'un amour où l'autorité et la miséricorde coexistent. Une telle expérience visuelle aide le langage de la prédication sur Luc 15 à dépasser l'explication intellectuelle pour devenir une résonance qui atteint le cœur. Henri Nouwen, notamment, est bien connu pour avoir proposé un classique spirituel méditant la parabole du fils prodigue à travers cette œuvre; dans ses présentations officielles, il explique aussi que la rencontre avec ce tableau a déclenché un profond cheminement intérieur. La raison pour laquelle David Jang, dans ses prédications, s'émerveille parfois du détail des « pieds » touche le même point: les pieds du prodigue ne sont pas idéalisés. Ils sont abîmés, déchirés, tordus. Et pourtant, au moment où ces pieds tordus touchent l'étreinte du père, l'échec humain reçoit un nouveau sens dans le lieu de l'amour. Un amour qui ne maquille pas celui qui revient, un amour qui le fait revivre: voilà l'amour de Dieu dont parle Luc 15.

Mais la parabole ne s'arrête pas à une « étreinte chaleureuse ». Le dernier acte se referme sur la colère du fils aîné. C'est aussi le point que David Jang traite avec la plus grande finesse réaliste. La colère du fils aîné n'est pas tant de la malveillance qu'un sentiment qui ressemble, pour beaucoup de religieux, à une « émotion légitime ». Il est resté longtemps près du père, il n'a pas transgressé l'ordre, il a travaillé. Pourtant, pour le frère revenu, on fait une fête; et lui a l'impression qu'on ne lui a jamais donné ne serait-ce qu'un chevreau. À ce moment, la colère n'est plus seulement jalousie: elle devient une question d'identité - « Pour quoi ai-je vécu ainsi? » Ainsi, Luc 15 ne traite pas seulement de la repentance du pécheur; il traite aussi de la justice propre (l'autosatisfaction religieuse) du "juste". Quand le murmure des pharisiens et des scribes s'élargit en colère du fils aîné, nous comprenons que ce texte n'est pas donné pour condamner autrui, mais pour dévoiler « le fils aîné en moi ».

Ici, David Jang convoque plusieurs contrastes bibliques: la prière du pharisien et du publicain en Luc 18; la question de Dieu à Caïn en Genèse 4 - « Pourquoi es-tu en colère? »; la parabole des ouvriers de la vigne en Matthieu 20, où le maître paie d'abord ceux qui sont arrivés tard. Tous ces textes témoignent d'un même fait: « la grâce de Dieu rend notre sens du mérite inconfortable ». L'évangile n'ignore pas le monde de l'effort; mais il ne fait pas de l'effort le fondement du salut. C'est pourquoi celui qui est habitué au mérite risque plus facilement de confondre la grâce avec une "injustice". Si le fils aîné se met en colère, ce n'est pas parce que le père serait injuste, mais parce qu'il est plein de grâce. Le père dit: « Tout ce que j'ai est à toi. » Cette phrase ne sert pas seulement à apaiser; elle proclame l'économie de l'amour. L'amour ne négocie pas sur fond de manque; il partage sur fond d'abondance. Au moment où le fils aîné ne voit plus que "ma part", il devient pauvre alors même qu'il se tient au milieu de la richesse de la maison.

C'est à ce point que David Jang "pousse" la prédication vers une manière de vivre l'année. Dire que, pour vivre une année, l'ultime priorité est « apprendre à connaître l'amour de Dieu » n'est pas une rhétorique religieuse de plus. Connaître l'amour de Dieu signifie que le centre d'attention se déplace. Quand mon regard reste fixé sur les quatre-vingt-dix-neuf "sans problème", je cherche la stabilité dans les chiffres et j'évalue les personnes par leur fonction. Mais quand l'attention se déplace vers l'un qui est perdu, la température de la vie change. Ce qui paraissait une perte devient, un jour, une chaleur; une blessure que je classais comme "le problème de quelqu'un d'autre" entre dans le champ de ma prière. Et alors, la « joie » naît. Lorsque David Jang relie éphésiens 1 au "cantique de louange" et à la "plénitude", il se situe dans la même logique: la louange ne jaillit pas seulement parce que les circonstances s'améliorent, mais parce que l'amour déborde. Quand la joie de celui qui est aimé et la joie de celui qui aime se superposent, l'être humain entre, même dans l'épreuve, dans un état où il ne peut que louer.

Ainsi, les trois paraboles de Luc 15 sont aussi un « entraînement des émotions ». Nous ne pouvons pas faire comme si la colère du fils aîné n'existait pas, précisément parce qu'elle a des "raisons". Le problème commence quand cette légitimité apparente fait taire l'amour. La colère est parfois un autre nom pour le sens de la justice; mais quand ce sens de la justice nous fait perdre « le cœur du Père », alors le péché est déjà tapi à la porte. David Jang ne demande pas de réprimer les émotions; il demande de les « réinterpréter par la sagesse de la Parole ». Qu'est-ce qui me met ainsi en colère? Quel paysage de grâce suis-je en train de manquer dans cette colère? Mon calcul n'est-il pas en train de masquer la joie de Dieu? Quand Romains s'écrie: « Ô profondeur de la richesse, de la sagesse et de la connaissance de Dieu! », cette richesse n'est pas une quantité d'informations théologiques, mais une abondance de sagesse qui nous apprend à lire le monde "à la manière de Dieu". Cette sagesse a le pouvoir de transformer le ressentiment en gratitude, la comparaison en humilité, la condamnation en compassion.

Dans cette perspective, la raison pour laquelle David Jang relie Luc 15 au "leadership d'église" et appelle une rencontre de pasteurs un "Shepherd's Meeting" devient plus claire. Le berger ne mesure pas sa valeur au nombre de brebis, mais se définit par le cœur qui cherche la brebis perdue. Si l'on demandait en une phrase quel monde l'église doit poursuivre, Luc 15 répondrait ainsi: « L'église est une communauté qui ouvre un chemin vers celui qui est perdu. » Ouvrir un chemin n'est pas forcément un grand projet: cela peut être le courage d'aller vers quelqu'un et de partager une table; cela peut être la fidélité de mettre de l'ordre dans son quotidien en "balayant la maison", comme pour retrouver une drachme; cela peut être un pardon qui court, embrasse et pose un baiser sur un visage encore lointain. Et au bout de tous ces chemins, il y a la « joie ». La joie du ciel n'est pas une mystique distante: elle devient une réalité qui s'infiltre dans nos vies au moment où l'amour produit une restauration.

En définitive, la conclusion de foi que David Jang tire de Luc 15 est une invitation: ne pas s'arrêter à "comprendre" l'amour, mais vivre en "ressemblant" à l'amour. Le choix de partir chercher la brebis perdue, la peine d'allumer la lampe pour retrouver la drachme, l'accueil qui court vers le fils perdu et lui serre le cou, et même la patience du père qui ressort encore une fois pour exhorter le fils aîné en colère au seuil de la fête - toutes ces scènes disent que « l'amour de Dieu n'est pas un événement unique, mais une attitude qui persévère ». Quand nous essayons d'aimer, une logique contraire monte souvent en nous: « Il ne le mérite pas. » « C'est une perte. » « Pourquoi moi? » Mais Luc 15 traverse cette logique et fait entendre une logique plus profonde: « Il était perdu, et il est retrouvé. » Cette seule phrase justifie toute la "folie" de l'amour. Comme la croix paraît folie au regard du monde, mais se révèle plus sage que la sagesse humaine, l'amour, parfois, engendre la vie la plus profonde par des chemins qui semblent les plus irrationnels.

Ainsi, si l'on se demande où placer la priorité d'une année, David Jang la pose avant le "succès" ou la "réalisation": apprendre à connaître l'amour de Dieu. Ce n'est pas une fuite; c'est une priorité pratique qui rend la vie plus chaude et plus nette. Plus nous connaissons l'amour de Dieu, plus notre regard se déplace vers celui qui est perdu; plus notre langage passe du murmure à la louange; plus nos émotions sont affinées du ressentiment vers la gratitude. Et au centre même de cette transformation, nous découvrons ceci: ce qui réjouit Dieu n'est pas un chiffre immense, mais une vie unique qui revient; et, sur le chemin de ce retour, lorsque nous nous tenons comme des bergers, notre propre vie se réchauffe elle aussi. Luc 15 ne nous invite pas seulement à "expliquer" l'amour de Dieu, mais à le "sentir". Et la manière d'y répondre tient en une chose: aujourd'hui, pour "l'un" perdu près de moi, faire le premier pas. La joie du ciel commence précisément à ce pas.

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